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Première partie : de septembre 1955 à septembre 1956
(de septembre 1955 à
juillet 1959) Haut
Introduction
Tout démarra en octobre
1955 !
Rentrant de l'institut où
je venais de commencer la 4ème moderne (comptage
à l'ancienne), la surprise fut de taille. Mon père attendit que nous fûmes
réunis, mon frère, ma mère, lui et moi pour nous annoncer : « Je vous
ai toujours dit que si l'on me sollicitait pour aller au Congo, je répondrais à
l'appel. Et bien je crois que le moment est arrivé ! » En effet, en ce
matin de début octobre, il venait de recevoir une lettre du Frère Baudouin,
directeur de la section préparatoire du collège Notre Dame de la Victoire de Bukavu ;
celui-ci l'invitait à rejoindre son équipe au plus tôt.
La nouvelle
m'abasourdit ! Je n'en croyais pas mes oreilles. Je connus une
effervescence vertigineuse. Le Congo, si lointain, dont on avait tant parlé,
rêvé, imaginé la vie., ce Congo devenait si proche tout à coup, si accessible .
De ce jour, l'impatience du départ ne fit que croître, l'anxiété de l'inconnu
aussi !
Je ne sais comment mon
père s'y prit, mais en trois mois, toutes les formalités furent réglées. Je
crois que sa diligence jumelée avec l'organisation impeccable des jésuites y
furent pour beaucoup. La manoeuvre serait double : un premier départ
concernant mon père et moi, fut prévu pour le 25 décembre 55 à 15h00, afin
d'être opérationnel dès la rentrée en janvier ; un second fut programmé
pour ma mère et mon frère le 15 janvier 56.
Pour moi, petit
« belgicain » (comme disaient les coloniaux) l'aventure
commençait ! Mis à part les belles cartes colorées du cours de géographie,
les quelques documentaires vus au cinéma, et les histoires (souvent tordues .)
véhiculées en Belgique sur la vie des coloniaux, c'était le saut dans l'inconnu.
Qu'allais-je trouver ? Où allais-je tomber ? Ce collège où j'allais
évoluer ressemblait-il aux collèges belges à allure de caserne et à la
discipline spartiate ? Mes appréhensions, mes interrogations trouvèrent
réponses au delà de mes espérances ! Mais n'anticipons pas. Je vous
livrerai mes impressions de bleu débarquant au fur et à mesure de ce que j'ai
découvert sur place.
Première partie : de septembre 1955 à septembre
1956
« Le saut dans
l'inconnu et la découverte d'un paradis ! » Le départ
Revenons à ce 25 décembre 1955. Le problème de la
limitation des kilos par personnes (déjà bien présent à l'époque) et l'hiver
1955 bien entamé firent que, en bon belge, nous « finassâmes » et donc
pour gagner quelques kilos,
Après bien sûr les adieux
douloureux avec la famille restant sur le sol belge, un premier frisson me
parcourut lorsque je montai à bord de ce fameux DC6 alors que je n'avais jamais
mis les pieds dans un avion. Heureusement, l'excitation de monter à bord d'un
quadrimoteur comme on en voyait dans les films américains l'emporta sur les
appréhensions et c'est émerveillé que je vécus mon premier décollage. L'hiver
aidant nous fûmes happés par une mer de nuages et quelques minutes plus tard, je
découvris un soleil resplendissant illuminant l'étoupe des nuages qui
s'étalaient maintenant au dessous de nous. Le soir tombe vite en hiver, aussi le
survol de la partie européenne du voyage ne nous montra rien d'autre que toutes
les formes de nuages jusqu'à l'avènement de la nuit. C'est en arrivant à Athènes
que perdant de l'altitude, nous découvrîmes les lumières rutilantes de l'immense
ville ; image qui me fit penser à un coffre au trésor de flibustiers qui
renversé d'un solide coup de pied aurait répandu à l'infini des cascades de
pierres précieuses ! Encore maintenant à 64 piges, quand j'ai l'occasion de
reprendre l'avion la nuit, cette comparaison me revient toujours.
Grâce aux « marabouts
juniors » reprenant les aventures de Bob MORANE, cette partie du voyage se
passa sans paraître trop longue.
La deuxième partie
« Athènes - Le Caire », plus de nuages tandis qu'une lune très
lumineuse faisait scintiller la Méditerranée plusieurs milliers de mètres plus
bas !
J'ai été frappé du confort
non négligeable malgré la promiscuité de la « classe touriste ».
Rappelez vous entre autre le petit coussin à usage multiple ! Il servait
bien sûr pour la nuque mais aussi, posé sur les genoux de table, de table
personnelle lors des repas, avec l'avantage que sa mousse faisait office
d'amortisseur lors des secousses inopinées (trou d'air) de l'appareil. J'ai
apprécié aussi le fait que les hublots avaient chacun leur tenture et que l'on
pouvait ainsi placer son petit coussin dans le renfoncement, y placer la tête et
rabattre la tenture derrière elle, ce qui coupait la lumière interne à la
carlingue et permettait de ce fait d'admirer l'apparition de villes illuminées
de certaines îles grecques.
L'escale du Caire nous
permit de nous dégourdir les jambes et de boire un coup avec l'aide de ces
petits bons qui accompagnaient le ticket d'avion.
La plus longue étape
allait commencer : Le Caire - Stanleyville (Stan pour les habitués). Sitôt
décollé, les hôtesses distribuèrent les splendides couvertures douillettes d'un
bleu « SABENA » de rigueur. Haut
L'enfer de STAN !
Je me réveillai bien loin
au dessus du Soudan où ignorant Karthoum, l'avion filait vers Stan. Je vis donc
les couleurs aux tonalités insolites de la fin du désert et tous les verts
possibles et imaginables des forêts qui défilaient sous nous. Enfin, vers 11h30, heure locale, le pilote effectuait son approche. Le choc classique des roues sur le tarmac passé, il fallut se requinquer et rassembler tout le brol (loden compris). J'ai alors connu l'enfer et la liquéfaction ! Vous voyez le tableau : descendre d'un DC6 à Stan en plein midi avec un loden et des paquets partout ! Le trajet de la carlingue au guest house, je ne sais plus comment j'ai fait pour le réaliser. On pouvait me suivre à la trace rapport à la transpiration laissée sur le sol !
Quand on s'est assis pour
le dîner et se désaltérer, j'entends encore mon père dire entre deux
râles : « Si c'est ainsi à Bukavu, je télégraphie à ta mère qu'on
retourne ! » La dessus, voyant une éventuelle possibilité de voir mon
rêve s'effondrer, je réagis stoïquement et lui dis : « Attends tout de
même qu'on s'habitue un peu sans loden ! ».
Il était prévu de passer
la nuit à Stan et de prendre le lendemain un DC4 pour Usumbura puis un DC3 pour
Bukavu. Finalement, nous eûmes droit à un solide changement de programme. Les
hauts parleurs se mirent à appeler d'urgence les passagers pour Bukavu car un
DC3 était libre et prêt pour y aller. Il fallut donc se re-farcir les bagages,
sacs, et « lodens » pour foncer jusqu'au DC3 !
C'est grâce à ce
changement de programme qu'est né mon envoûtement pour cet avion : le DC3.
Cet avion fantastique, ne volant pas trop haut, j'ai vécu le saut Stan - Bukavu
comme une aventure merveilleuse car du hublot, on pouvait tout voir, surtout que
pour passer certaines montagnes, l'avion filait dans des couloirs de collines,
ce qui fait qu'à hauteur des yeux, défilaient des sommets verdoyants tant et
plus. Cerise sur le gâteau, cet avion réagit à tous les mouvements de
l'air : on le sentait vivre et frémir, on faisait corps avec lui ! Je
me donnais l'illusion d'être en plein bouquin de Buck Danny dans l'épisode des
Tigres Volants au moment où ils doivent passer les montagnes pour arriver à Sou
Chow . Quelle splendeur alors de découvrir le lac Kivu , de se frayer un passage
entre les collines du Ruanda !
Et ce fut l'atterrissage à
Kamembe.
La fraîcheur de Kamembe et quelques
surprises...
Dès l'ouverture de
l'avion, au lieu de la chape de plomb de Stan : première impression
délicieuse, il faisait frais et doux à la fois. Des traces de pluie récente
étaient encore visibles. Nous découvrions une espèce de paradis sur Terre. Je
repensai immédiatement à la réflexion de mon père à Stan et me suis dit de
suite : « Ouf ! C'est gagné, on restera. ».
Cette première surprise
agréable passée, toute une avalanche d'autres nous attendaient. En effet,
n'oublions pas que sortant tout droit de mon Borinage natal, âgé de 14 ans
depuis une semaine, j'avais de quoi comparer et je vous assure que je ne m'en
priverai pas dans la suite de ce texte !
J'intitulerais la surprise
suivante : « Il y a jésuites et
jésuites ! » Il faut d'abord resituer les choses. Mon père avait accepté le poste parce que la partie « préparatoire » du collège était sous la responsabilité des Frères Maristes. Ses contacts antérieurs avec les jésuites « de Belgique » lui avaient laissé un goût amer car l'attitude hautaine de beaucoup de ceux-ci et le plaisir malsain qu'ils prenaient à lui faire sentir qu'il n'était pas un notable nanti et donateur de la région l'avaient un tantinet marqué.
Alors, comprenez
notre émoi, quand à la descente du DC3, trois ecclésiastiques s'avancèrent vers
nous et que l'un d'eux portant grande barbe blanche, fumant un de ces cigares
ruandais à écarter tout moustique, lui envoya une solide claque sur l'épaule en
reprenant presque les paroles de Stanley retrouvant Livingstone : « Mr
Ansieau, je parie ! Je suis le père Recteur du collège et je vous souhaite
la bienvenue. » . Le monde venait de se renverser ! Un jésuite,
recteur de surcroît, hyper sympa (comme disent les jeûnes maintenant) venu
attendre un prof à l'aéroport ! Quand je pense qu'au collège où j'étais, il
fallait prendre rendez-vous bien à l'avance pour avoir un entretien et qu'en
plus, il fallait s'armer de patience car on vous faisait mijoter dans un parloir
lugubre (mise en condition) en attendant le bon vouloir du
« père ». !
Le monde à l'envers je
vous dis ! Nous venions en fait de faire connaissance avec le père SCHUURMANS. À côté de lui, ce cher père Ministre conducteur acharné de sa Ford bleue ainsi que le frère Baudouin, tous d'une amabilité à vous couper le souffle. Ce premier contact nous éberlua et cela ne s'est pas arrêté là !
Formalités terminées et
bagages sortis des soutes, la Ford 53 du père Ministre nous amena sans traîner
au collège. Paysage merveilleux, lac d'un bleu scintillant, végétation
luxuriante, fraîcheur vivifiante et vue sur Bukavu ont raccommodé mon père avec
le Congo ; son impression de Stan était disparue pour de bon !
(photo
1001
) Haut
De découvertes en découvertes .
De mon côté, je n'avais
pas assez de mes deux yeux pour enregistrer toutes ces images qui s'offraient à
moi. Un sentiment indescriptible m'envahit et je pressentis alors que j'allais
vivre passionnément ce passage de ma vie. Je ne me suis pas trompé ! Arrivé au collège, on nous
désaltéra immédiatement et je découvris la suavité du jus d'ananas sortant du
frigo et la tendre chair des mangues qu'on nous proposait. Tout de suite après,
le père Ministre nous proposa de nous rendre dans les chambres
(photo
1027
) de l'infirmerie où nous logerions
quelques jours, le temps que la villa prévue pour notre famille soit
opérationnelle. Et là : deuxième surprise de convivialité, le père nous
invita à nous rafraîchir (des douches étant prévues dans chaque chambre) ;
lui durant ce temps là, se proposait de lire son bréviaire en nous
attendant ! ! ! Nous en restâmes ahuris une fois de plus ;
un père jésuite attendant 2 quidams sous la douche tout en faisant les 100 pas
dans le couloir. incroyable mais vrai !
Enfin, débarrassés des
kyrielles de sous-vêtements et chemises (pour cette fameuse limite de poids dans
les bagages.), délestés de ce foutu loden que nous avions eu l'idiotie de garder
et lavés de toutes les transpirations successives, nous enfilâmes les vêtements
classiques de l'époque : un short (que j'appris se nommer un
« capitula » dans la suite) et une chemise à col ouvert.
Le père Ministre nous
conduisit alors au restaurant des professeurs et nous fîmes connaissance des
produits locaux : fromage kraft en boîte bleue, confitures de toutes
sortes, beurre de la Ferme des Mimosas (sise au Ruanda) et pain de chez
WATTEUW ! Le plat de fruit bien garni était prévu lui aussi. A propos, une petite
parenthèse ; savez-vous que Mr. WATTEUW fut un précurseur des cartes de
crédit en tout genre ? Souvenez-vous, à titre publicitaire, il avait fait
réaliser des cartes plastiques aux dimensions identiques à celles des cartes
american express et autres que nous utilisons couramment maintenant. D'un côté,
il y avait « Ets WATTEUW avec les numéros de boîte postale de Bukavu et
Usumbura et de l'autre le calendrier de l'année en cours
(voir
photos
1019 et 1020
). Ma mère en avait gardé 2
et lors d'une rencontre avec le fils WATTEUW (?), il y a quelques années,
je lui en ai offert une. Il en fut très émotionné car il avais oublié ce
détail !
La révélation et la rencontre avec
la nature. Le 27 au matin, après un
bon petit déjeuner, rencontre avec le frère OYEN qui nous proposa de découvrir
ce collège qui nous intriguait de par sa taille, sa situation privilégiée et son
état impeccable. Ce fut la tournée des cours intérieures aux parterres si bien
entretenus, des différentes ailes, la chapelle si lumineuse, la salle de
spectacle grandiose et les vues extérieures ! Je n'en croyais pas mes yeux,
un collège comme ça, en plein cour de l'Afrique .
(photos
1002,1003,
1004, 1005,
1006,
1007, 1008,
1009,1010,
1021,1022, 1023,
1024,
1025, 1026,
1028,
1029
). Après cette tournée
générale intra muros, le frère Oyen nous proposa un petit tour vers la RUZIZI en
descendant la colline derrière la « petite poste » située à 100
m de l'aile des préparatoires. Nous goutâmes alors
(ph.
1011 à 1018
) aux premières ambiances
autochtones : petit hameau à flanc de colline, hutte en béton pour
certains, s'il vous plaît ! Nous eûmes droit à la séance de traversée en
pirogue de la Ruzizi par un passeur . Enfin, tout était à découvrir.
Stupéfaction évidemment devant les vaches locales avec leurs énormes cornes et
leur pis
minuscule . Quelle impression agréable quant à la bonne humeur des congolais rencontrés, rien à voir avec « le pauvre petit noir » qu'on nous présente en Belgique. Tous ces gens que je croisais, même habillés modestement souriaient et respiraient la joie de vivre. Cette descente à la Ruzizi clôtura cette avant-midi. Avec notre petit box, nous fîmes nos premières photos.
L'après-midi, suite des
émotions nouvelles, le frère OYEN me propose de faire connaissance avec quelques
internes restés durant les vacances et avec les externes revenant volontiers au
collège durant les vacances. Nouvelle surprise : je me demandais pourquoi
des externes revenaient durant les vacances dans leur établissement scolaire
alors qu'en Belgique on s'empressait d'oublier la « boîte » !
J'ai très vite compris . Le père VAN DE STRAETEN avait organisé un « salon
de Noël » mais, j'y reviendrai.
Le frère OYEN m'emmena
donc vers la salle de jeux des externes située au dessus de la bibliothèque.
J'allais enfin rencontrer les gars du coin ; mon pouls battait à tout
rompre : les nouveaux, ici, comment les accueillaient-ils ? .
On entre et là, tout
s'apaise, une fois les présentations faites, on m'expliqua le plus simplement du
monde qu'on formait une grande famille et qu'on pouvait disposer de tout ce qui
était présent dans la salle : jeux de dames, pingpong, échecs, bandes
dessinées, dominos et livres, à condition de remettre les choses en place après
usage.
Je profite du fait d'être
à ce point de mon récit pour raccrocher les wagons avec le train mis en route
par notre ami André qui quitta le collège en juillet 55 alors que je débarquai
fin décembre 55 !
« Orientation » béni sois
tu !
C'est grâce justement à ce
que je découvris dans cette salle de jeu que je peux me permettre aujourd'hui de
combler cette période de quelques mois. Je m'explique.
Sur une table, bien en
évidence, reposait une espèce de livre à couverture jaune et de fabrication
artisanale. Je venais de tomber sur un exemplaire
d' « Orientation » et je cite : « organe des élèves du
collège Notre Dame de la Victoire , n°1, 7ème
année Noël 1955 !.
Sa lecture m'a subjugué, à
tel point que j'ai dévoré en un temps record les quelques exemplaires à
disposition sur l'étagère.
Formidable, un journal
trimestriel ou presque qui relatait dans des articles rédigés par des élèves et
des profs les divers faits marquants du trimestre passé mais, aussi et surtout,
ce périodique disposait d'une rubrique sensationnelle (et qui va me servir un
demi siècle plus tard quasi jour pour jour après sa première lecture) :
« le MOIS ».
En réalité cette partie
commune à tous les Orientations reprenait « dates comprises » tous les
événements survenus d'une parution à l'autre. Haut
L'avalanche d'infos !
C'est ainsi, cher lecteur, que je puis vous rappeler sans crainte de me tromper que la rentrée des internes eut lieu le 14 septembre et celle des externes, le 15. Et puis, suit quasi journellement l'énoncé de toutes les activités aussi bien culturelles qu'académiques, aussi bien ludiques que sportives ! À la lecture de cette rubrique, on a de quoi être éberlué par la quantité ahurissante d'activités développées. Rendez-vous compte que je croyais arriver dans un coin perdu et que je me retrouve dans un système qui propose en 3 mois, plus d'activités que je n'en avais réalisé durant les trois premières années de mes humanités ! C'est une succession de conférences, de films, d'excursions, de causeries, de théâtre, de match de foot, de basket, de ciné-forum, de jeux de nuits et j'en passe .
Je puis donc vous rappeler
la conférence « L'Afrique berceau de l'humanité » par le père Boni sj.
le 19/09/55 ; le lendemain, 20, c'est le père JANSEN qui donne une
conférence à la salle « Concordia ». Le 23, soirée Victor Hugo dans la
même salle par Mr. LORION, consul général de France à Léo. L'énumération serait
fastidieuse, rien que pour septembre, 10 dates sont mises en évidence, pour
octobre 17, pour novembre 12, et pour décembre 10 ! Haut
Jeunesses Musicales et football
On découvre ainsi que la
première séance des JM eu lieu au ciné Palace le 16/10/55 et que le même jour,
le Victory perdait de 0-4 devant le Sporting .
Bobbejans SCHOEPEN vint
égayer le « vieux » Bukavu le 28/10. C'est le 30/10 que les grands descendent à Usa pour le match Victory - UFC (1 - 1) et qu'au retour, le 31 eut lieu le terrible accident de camion où Jean Claude Marsigny (?) et son collègue RONSIJN furent durement touchés et conduits à du 140 km/h à l'hôpital de Bukavu par monsieur Morel. Un article de ce n° d'orientation commente l'événement ; il est signé André Cromphout.
La deuxième séance des JM
eut lieu au collège le 6/11. Le 17, récital à la salle Concordia par Henri
LEWKOWICZ au violon et Noémi SASLAVSKY (piano). Le 25, même endroit, « La
pensée française durant les 10 dernières années » par Mr.
MERLEAU-PONTY !.
Et ça continue :
excursion le 27, succession de match, de cinémas, puis le 6/12 : arrivée
spectaculaire de Saint Nicolas au beach de Shangugu ! Au soir, au collège,
Mme Marie GEVERS nous faisait (re)découvrir Emile VEHAEREN ; le11/12,
seconde rencontre inter - raciale sportive suivie d'une projection ; le 13,
le Théâtre de l'Union Française (TUF) ; le 14 théâtre pour la division des
petits, etc. etc.
Quel merveilleux outil que
cet « Orientation », grâce à lui, notre ami André voit s'effectuer la
jonction entre son départ et mon arrivée.
Retour à la chronologie.
J'en reviens maintenant à
cet après midi du 27/12/55. Après plusieurs heures d'échanges, de lectures, de
jeux, je restai l'esprit assez perplexe. La quantité d'activités en plus des
jours de classes normaux était élevée ; cela me donnait le vertige (et je
n'avais pas encore découvert les ressources sportives du collège.). Haut
Un Frère, deux chiens, une barque .
Enfin, après avoir remisé
la barque, la rentrée au collège se fit agréablement. Merci de tout cœur à ce
cher frère Jules qui aida un grand nombre de jeunes, voire même de très jeunes,
à vaincre leurs appréhensions des profondeurs ; rappelons nous la
gentillesse avec laquelle il acceptait que un ou deux élèves de la section
préparatoire s'accroche à son cou afin de nager à la « grande
profondeur » ! Après 50 années, ces deux premiers jours sont restés
gravés dans ma mémoire.
L'externat.
S'il est vrai que notre
ami André a goûté aux joies de l'internat, il est clair que j'ai apprécié, de
mon côté, celles de l'externat. Revenons d'ailleurs au fait que je trouvais
étonnant de voir tant d'externes présents durant des vacances dans leur collège.
Être externe à Bukavu, relève je crois d'une
chance inouïe et d'une opportunité fantastique ! Non seulement, nous avions un
collège agréable, des enseignants dévoués et des ecclésiastiques ouverts, mais
en plus, nous bénéficiions des libertés (relatives) d'une ville éblouissante.
Pour occuper ce petit monde, le collège organisait toute une série d'activités
et c'est ainsi que tout comme Obélix tombé dans la marmite de potion magique, je
suis tombé dans un collège bouillonnant aux activités centrées sur et pour « le
jeune qui en veut » !
Salon de Noël.
Jugez plutôt :
l'article de l'orientation ( le n°2, 7ème année,
mi-février 1956 ) « Noël chez les externes » rédigé par Marc VAN EYLL
nous apprend que dès le premier jour des vacances les externes ré-envahissaient
le collège because l'ouverture du « Salon de Noël ». La salle de jeux
où j'ai débarqué le 27, fut prête grâce au R.P. VAN DER STRAETEN qui reçut
l'aide de quelques bonnes volontés. Pingpong, jeux de société, lectures et à
l'extérieur : tennis avec le championnat organisé par André van de WERVE qui
battit en finale Pierre SAILLEZ. Au bassin, dès 10h00 : plongeoir pris
d'assaut, concours de traversée. Le 30/12, séance « Quitte ou double »
avec un monsieur LAPAGE en pleine forme et à nouveau Pierre SAILLEZ grand
spécialiste du football. Le lendemain, grande course de patins à
roulettes : 6 inscrits, 3 partants, mais pas mal d'admirateurs. Victoire de
Didier van de WERVE cette fois .
Je marque un arrêt dans
ces amusements pour me rappeler que le soir du 31 décembre, nous fûmes invités
chez Mr. et Mme JADOT, tous deux collègues du paternel et futurs voisins. Là, je
reçus l'autorisation tacite et définitive du père de fumer et après le repas,
j'eus l'occasion de déguster mon premier whisky le fameux 'Black &
White' vendu
chez MERMUYS ou à la coopérative. Exit 1955, vive 1956, cette année se terminait
en beauté pour moi ; restait une étape décisive : la rentrée en 4ème moderne avec forcément la marée des internes et
des externes... Mais, n'anticipons pas et revenons à nos moutons c'est à dire à
l'article de Marc.
Le 3 janvier 'Soirée des
Grands' avec la participation des profs. On y retrouve le père préfet :
CROEGAERTS, Mr MORTIER, Mr GEERTS. Dégustation de cette chère 'PRIMUS' et
production de brouillard de fumée 'belga' se prolongèrent jusqu'à 23h00.
Et le lendemain, le clou
du salon : la course de bécanes ! On y apprend la mésaventure de Gustave FABRIZI dont la carrière de coureur se brisa net au premier tournant de l'avenue Chantal par une chute spectaculaire. On y admire un Charly LIBBRECHT affirmant nettement sa supériorité, ce qui lui valut de la part de l'auteur de l'article l'appellation de « virtuose de la pédale ». Les résultats furent révélateurs ; derrière lui on eut LUICKX (Lukusu) à 2'02'', de BERGEYCK à 2'21'', van de WERVE Didier (encore lui) à 2'27'' et son frère Robert à 4'23'' !.
Ce salon organisé je vous
le rappelle par le père VAN DE STRAETEN et son équipe fut grandement
apprécié.
Comment voulez-vous que
jeune bleu, débarquant de mon petit coin de Belgique, je ne sois pas
ébloui ? Le virus était inoculé, j'embrayai à fond dans le système.
Démarrage du 2ème trimestre.
Le 5 janvier, le flux des
internes fut continu et le soir, d'emblée le ton est donné : présentation
par Jacques ERTAUD de 'L'aventure est sous la mer'.
Le lendemain, 6
janvier : rentrée effective en 4ème moderne
avec Mr. WESTHOVENS comme titulaire. Les choses sérieuses commençaient.
Sérieuse, oui et
non ; oui car avec le « Drelin, drelin. » de Mr MORTIER nous
faisant goûter du 'Malade imaginaire', on entrait de plein pied dans son cours;
non car avec Fleps (alias Freddy ANDRÉ) dans sa classe, comment garder son
sérieux surtout quand ses imitations fusaient en 'stoemelink' pour que seuls les
bancs proches l'entendent.
Et la corrida des
activités jouxtant les cours reprit. Le 6, repus de tartes au riz des galettes
des rois, certains téméraires firent face à la conférence de Mr.
BOUCKAERT : 'Les bases physiologiques de la pensée'. Le 8, on nous proposa
un documentaire sur la SABENA ; les 9, 10, 14 et 15 on redécouvrit le TUF
dans diverses représentations dont celle du 15 'Le malade imaginaire' où nous
eûmes droit à une variante de taille : Mr MOREAU avait réussi à faire
remplacer les ballets des danseurs maures par ceux du corps du ballet indigène
du collège Saint Paul. L'effet fut surprenant et leur succès foudroyant. Nos
collègues congolais retournèrent auréolés de gloire ! Rappelez - vous
d'ailleurs qu'à quasi toutes les représentations théâtrales, les grands du
collège Saint Paul étaient invités et le balcon leur était réservé.
Et la sarabande de films,
conférences, matches se succédèrent en non stop. Le « Vlaamse
Tooneelkring » de Bukavu nous interpréta 'Onder een dak' le 22. Le 27,
sortie des Rhétos à l'INEAC (institution connue à l'époque dans le monde entier
pour la haute qualité de ses chercheurs et de leurs travaux), suivie d'un
cinéforum ; le 28 jeu de nuit à la Michaudière et le 29, les équipes du
collège s'illustrèrent dans divers matches de basket. Haut
Commandos sur RUZIZI !
Vinrent alors les 31/01 et
01/02/56, deux journées où les cours furent assez délaissés avec l'accord
d'ailleurs des autorités ; en effet, nous eûmes droit au parachutage de
commandos au lieu dit MOHARI ! Les paras belges venaient se coltiner avec
les gars de Kamina. Nous assistâmes en direct à la prise du pont de la
RUZIZI ; grenades, mitraillettes et jeep avec point 50, tout y était. Par
la suite : défilé en ville, applaudissements pour les anciens du collège
qui faisaient leurs services à Kamina et que beaucoup d'élèves reconnaissaient (
entre autres : CUPIDON, TONDEUR, VIENNE, MOTTEUX, PUFFET, DE CONINCK, VAN
DER HAEGEN .) Le lendemain, le saut des
paras du DC3 dans le lac nous laissa émerveillés et le soir, la causerie du
colonel VLAEMINCK sur les techniques de saut fut hautement appréciée.
(photos scannées de pauvre qualité malheureusement :
1101 à
1106), origine des photos : orientation !
Famille enfin au complet.
Nous habitions Avenue du
Plateau à N'GUBA ; toutes les rues de BUKAVU étaient baptisées
'Avenue' et c'est vrai que sous le soleil, malgré la terre battue, notre
'avenue' avait son petit cachet, pas trop large mais bordée de ce qu'on appelait
là-bas des « chênes argentés ».
(ph 1108-1109) Haut
LUCHOSE
La découverte des environs
commençait à se faire aussi : N'GUBA, NYA LUKEMBA, les alentours du
collège. Et à propos, vous souveniez vous que la colline sur laquelle est
construit le collège s'appelle : LUCHOSE ! C'est grâce au film
magnifique que notre ami Hubert HOSTE (?) entrepris de tourner en
ce début 56 sur le collège que nous avons appris le fait. Notre ami Hubert
s'était déjà rendu célèbre par son film « BUKAVU la riche ».
Avec la collaboration de
professeurs, de surveillants et bien sûr des élèves, il tourna ce film d'une
durée de plus ou moins 50 minutes sur la vie et les activités du collège. J'ai
la grande joie de posséder un exemplaire de ce film grâce à la gentillesse de
son épouse qui, après le décès d'Hubert, autorisa Alain DELVILLE s.j. (rhéto 59)
à le copier sur K7 VHS et Alain me demanda de garder cette K7 source car il
devait regagner son poste au collège et à la paroisse de N'GUBA avec comme curé
ce cher père SOMERS que beaucoup apprécièrent en 6ème latine.
La bande sonore
enregistrée sur bande magnétique séparée fut malheureusement perdue lors d'un
retour d'Hubert en Belgique. Ce film commencé mi-février 56 fut achevé fin mai
de la même année. Haut
La télévision à BUKAVU !
En février, le 8 pour être
précis, à la salle des grands se concrétise une innovation : la
« télévision », spectacle mis sur pied par une équipe de
passionné ! Le succès fut tel que les grands se décidèrent à réitérer cela
en réalisant quelques mois plus tard, après modifications, améliorations 'en zo
voort'. la fameuse « Soirée du Tonnerre » qui resta gravée dans les
mémoires comme l'un des sommets du music'hall bukaviens ! . Mais, chut,
nous en reparlerons en temps voulu ! HautSnap-shots.
Entre défilé de fanfare,
excursion au KAHUZI, à KATANA, à DENDEZI, à NYA NGEZI et MIBERIZI, ben . la vie
s'écoule sereinement et le carnet rose des profs se remplit car ce 14 février,
une petite Anne (n°6) venait égayer le foyer de notre célèbre Gaston VAN DER
WILT. (Comme quoi, les maths mènent à tout !).
Les jours se suivent mais
ne se ressemblent pas : ce 17/02 par exemple, par temps gris et triste,
Mr . BRASSEUR, gouverneur de la province, faisait ses adieux au collège
atteint par la limite d'âge.
Le 18, par contre,
l'orchestre du
collège « Victory Orchestra ! » et ses 'Stars Boys' se
distinguaient à KATUTU (CEC = Centre Extra Coutumier). C'est le premier
orchestre européen à y jouer. Jean Marie Gilles s'y surpassa paraît-il. !
Et le lendemain, le Victory l'emportait contre le Sporting à Usa (1 à 0 ).
Promenade à SHANGI (RUANDA)
Février se termine sur les chapeaux de roues : prise d'assaut de la confiserie GARY par les petits, conférence sur le parachutisme et l'université 'LOVANIUM', films, essai avec succès au lac de la vedette téléguidée du père LOMBARD ; on passe à 215 élèves en section préparatoire et le 29 février (oui, ce fut une année bisex. tile ! ouf j'ai failli faire la même bourde qu'un de nos ministres.) Guignol rapplique avec 'Bilulu, chasseur d'Afrique', ce qui nous valut d'entendre durant des semaines les petits (puis les autres) chanter : nina stembea pole, pole ! Haut
Pirouette fâcheuse. et caisses à savon !
Mars démarre en force avec le bulldozer qui faillit « pinduler » au lac en voulant élargir la route menant au beach, avec en prime la dépanneuse, qui devait normalement le sortir de sa position périlleuse, tombant en panne à 10 m de celui-ci. (Et celle-là, ce n'est pas Hergé qui l'a inventée comme dans « Tintin au pays de L'or noir », c'est nous qui avons vraiment vécu le « allo !, c'est la dépanneuse qui est en panne !).
Passons rapidement le 3/3
avec la défaite des cadets du Victory pour nous focaliser sur la sortie tant
attendue des ateliers du collège de la 1ère
caisse à savon 'Jesabel' de Jean LEBRUN et Willy WAUTHIER. Le 4/3 par contre les
« grands » du Victory ramènent la victoire sur l'UFC (4 à 3) [Et
ouf ! cette fois, heureusement, sans accident sur la route du retour
d'Usa.
Le 5, les rhétos et autres
internes ont osé comparer leur sort à ceux du film 'Stalag 17' projeté à leur
intention . (Ben voyons, qu'ils viennent faire un tour dans certaines
institutions de la métropole de l'époque !). Le 11, grande
expédition : les grands forment un commando de nageurs qui descendent la
Ruzizi sur 16 km de PANZI à KITIMBA. Les moyens envahissent de leur côté NYANGEZI et les petits remontent avec ardeurs les méandres de la
'KAMANIOLA' !
Le soir, d'autres petits
présentent « Marten de Haas » grâce au frère René et Mr. HEYMAN. Le
grimage fut réalisé par Mr. BUISSERET . Haut
Arrivée du Nonce apostolique, culture et essai de formule
'C'.
Le 12, congé spécial en
l'honneur de l'arrivée de Mgr. VAN STEENE, nonce apostolique ; merci
Monseigneur ! Le lendemain, les cours ne furent pas beaucoup suivis car,
comme à chaque occasion et pour cause : visite de Mgr VAN STEENE au collège
d'ou : redéfilé en formation serrée sur la pelouse du terrain de foot face
à la préfecture, refanfare, rediscours .. ! (Le tout, filmé par Hubert et
donc immortalisé dans le film 'LUCHOSE' déjà cité.)
Se succèdent alors salon
de peinture de l' Ecole de Paris (excusez du peu.), récital de Colette FRANTZ et
Nicolas ASTRINIDIS, matches, jeunesses musicales et enfin, les premiers essais
public le 18 mars des caisses à savon avec la fameuse Jésabel qui pique une
pointe impressionnante de 42 km/h ; notons que carambolages et collision
furent aussi du lot et nos amis THIRAN et DEVILLEZ s'en souviendront
douloureusement ! On sait maintenant que le grand 'rallye' est prévu pour
le 29 avril. Haut
Pâques 56
Le 24/03 départ en
vacances ; mes premières vacances de Pâques ; de quoi tirer un premier
bilan de ces trois mois passé à BUKAVU.
Ce premier trimestre,
comme tous les autres par la suite, s'est passé à la vitesse de la lumière. Tout
en nous assurant des cours de haut niveau avec des exigences strictes, le
système appliqué au collège fut pour moi une merveille de développement. A côté
de la rigueur inhérente aux études, les pères avaient le souci d'appliquer à
fond le proverbe « Une âme saine dans un corps sain ». La succession
d'activités aussi bien intellectuelles que sportives, effectuées à un tel rythme
nous a profondément marqués. Il est clair que celui qui le voulait ne s'embêtait
jamais. Je suis toujours resté persuadé qu'un tel collège est une bénédiction
pour un adolescent. Après 3 mois seulement sur ce sol congolais, je percevais
cette chance inouïe d'avoir quitté des établissements de haut niveau peut-être
mais usant d'une discipline aveugle et répressive pour plonger dans un système à
la discipline rigoureuse mais ouverte au dialogue et dans le respect des
élèves. J'ai pleinement apprécié ce souci permanent
qu'avaient les pères et les frères de nous fournir des activités en tous genres.
Qu'ils en soient remerciés ! Haut
Ah les copains
Enfin, la vie continue, les vacances se déroulent en petites excursions familiales : KAVUMU avec les pizzas de l'Hôtel des gorilles, les eaux chaudes à KATANA, où mon frère se coupa la plante des pieds., le port de KAKONDO etc.
La découverte du voisinage
immédiat se faisait aussi. En face de chez nous, la famille de Jean Marie
LIBBRECHT évoluait dans une belle grosse villa, plus loin vers le collège, à un
premier carrefour entre l'avenue du Plateau et la route by pass vers l'avenue du
TANGANYKA, la maison des VANDERICK (Guido, Paul et Fransiscus dit Suske) ;
plus bas, les van de WERVE (Didier, Robert .), plus loin les GILON (Yves, Luc,
Jean Paul et Brigitte) avec comme voisin les LAURENT (Jean Pierre, Henri,
Geneviève dite Poum, Francette .).
Continuant toujours vers
le collège mais de l'autre côté, on trouvait la villa des GENIS (Monique et
Jacques) qui avaient comme voisine une jolie dame qui oubliait souvent de fermer
ses tentures. Et enfin , last but not least, au bout de l'avenue à gauche la
villa des « SEGERS ». Madame SEGERS, professeur à la section
préparatoire flamande, était donc collègue de mon père mais elle avait
surtout plusieurs filles qui étaient assidûment courtisées par plusieurs
collégiens. ! Les relations se nouent, des liens forts se tissent. Après un
demi-siècle, des contacts étroits existent toujours entre certains d'entre
nous.
Les jours
s'écoulent ; nous avions fait l'acquisition d'un beau petit berger allemand
femelle 'Dolly' ; nos malles arrivèrent enfin de Belgique avec leur lot de
surprise : casses et traces de tentatives de vol notamment sur la caisse où
se trouvait le beau vélo que mon père m'avait offert quelques mois avant notre
départ. Dans l'ensemble, malgré tout le résultat du transport depuis Hornu
(Hainaut) était assez positif. De plus, Jean Pierre LAURENT, me conseilla de
m'adresser au marchand de vélo qui avait son atelier près du rond point de la
Fontaine pas loin du collège.
Mon vélo fut bien réparé.
Je ne sais plus son nom mais qu'il soit ici remercié car grâce à ce monsieur,
mes grandes vacances 1956 furent remplies d'émotions et d'aventures. on y
reviendra ! Haut
Troisième trimestre
La rentrée des internes
eut lieu le 15/04 avec comme d'habitude un film : Panique dans la rue. Le
lendemain la rentrée effective avec les externes (aux pieds lourds) eut
lieu.
Et la corrida reprit ! Le
17, un ciné forum évocateur : 'All about Eve' et le 18 'La vie de
MOLIÈRE' nous remirent en ambiance d'études. Un documentaire sur le Danemark
vint détendre le 20 et le 21 nos nerfs furent retendus par le match Victory -
Collège Saint Paul :4-4 ! Après ce match une réception amicale et
prolongée eut lieu. Je profite de ce fait pour rappeler aux contempteurs de
l'œuvre belge au Congo, que notre collège, qui avait commencé l'intégration des
congolais métis depuis 48, avait le souci de la rencontre entre les communautés
et que les échanges sportifs et culturels entre le collège de Barnabites et le
nôtre ont vraiment été croissants dès 1955.
Caisses à savon (n+1)
« Sur 18 voitures
nous narre-t-il, le collège en alignait 16. Les résultats furent les
suivants :
Champion toutes
catégories : Arved STRUDER en 40 ''
Champion toutes catégories
en régional : son frère Eugène STRUDER
La demi-finale fut enlevée
par DECRAYE, le quart de finale toutes catégories : NOTTE !
Et last but not
least : classés en régional : LEBRUN, DUMONT et PUYPE.
En international :
SCHOEMAKERS, THIRAN, DUMONT, LEROY, DEVILLEZ et GENIS ! » Ne me
demandez pas ce que voulait dire régional, international . ; si parmi les
lecteurs quelqu'un peut nous éclairer. merci !
L'après-midi, le Victory
reprenait sa supériorité en marquant 2 - 0 contre le CFC ! Haut
MAI, mois 'phare' de l'année 1956
Le 1er mai, le collège est champion du premier tournoi de
basket à Bukavu. Le 2 Panayotis ZOTTOS (l'homme aux mollets poilus !) et
Hubert HOSTE (?) sont reçus au Rotary
club de Bukavu. Qui se souvient de Mme SCHARFDEVIDTS qui reçut les participants
au « rallye des caisses à savon » pour un souper pantagruélique ?
Successions habituelles de
films et récitals avec un événement particulier pour les intimes le 7 mai :
projection en avant première du film LUCHOSE, documentaire sur la vie du
collège, enfin terminé !
Une petite parenthèse dans
cette turbulence de la vie collégienne pour vous signaler en ce mois de mai une
promenade (famille ANSIEAU et famille JADOT) à la RUZIZI ; ce qui m'a
permis d'avoir des archives particulières : quelques photos des chutes de
la RUZIZI avant leur disparition par explosion pour les besoins
hydro-électriques de Bukavu.
(photos 1115,
1116,
1117).
Revenons au
collège
où dans
le plus grand secret (ont-ils prétendu.) des acharnés nous concoctaient : la
sensationnelle « Soirée du Tonnerre » du 12 mai 1956 ! Haut
SOIRÉE DU TONNERRE !
Rappelez vous, le 8
février passé, une 'première télévisée' vit le jour dans la salle des
grands.
Forts de cette expérience
très positive, les grands peaufinèrent un spectacle télévisé grandiose qui nous
fut offert à 20h00.
Encadrement géant et voile
de fine tulle donnèrent une excellente illusion d'écran TV de l'époque.
Claude JAUMIN nous
rapporta cette soirée dans un article éblouissant de l'Orientation n°5, (7ème année - juillet 56). Le clou de la soirée, nous
dit-il, fut la prestation des « Frères Jacques ». Fleps, alias Freddy
ANDRÉ comme déjà signalé plus haut, nous époustoufla une fois de plus par ses
imitations et Jean Marie GILLE fut intarissable. Quant à Mr. VAN DER WILT, il
essayait vainement de faire goûter des "« maracoudjas bière ». Tous
furent unanimes à reconnaître le dynamisme des collégiens et la qualité de cette
soirée, jamais égalée dans le genre au collège !
Inexorablement, le temps
s'écoule et le lendemain, se relevant de la guindaille, le Victory ne faiblit
point devant le RKFC sous le score de 1 - 1 !
Le 16, nous fûmes charmés
par le récital de José FRANCO à la salle Concordia.
Le congé trimestriel se
pointe enfin le 19 pour le plus grand bonheur des moyens qui filent à l'île
IDJWI. Pour les autres, le défoulement était au rendez-vous : tournoi de
foot de BUKAVU les 20 et 21.
Les séances de ciné du
collège ravirent différents publics le 27 avec Mlle Casse Cou et le 31 un solide
documentaire sur « Arromanches » et la bataille « d'EL
ALAMEIN » bourrèrent d'idées les adeptes de jeux de nuit. Haut
Juin 1956
Ce mois débute bien :
le Victory s'affirme dans les victoires le 2/6 et le soir le ciné forum
« Chiens perdus sans colliers » nous empoigna la gorge. Le 3 juin voit
le grand succès de la pièce « MIDAS » jouée par le Vlaamse
Tooneelkring de Bukavu et dont la régie parfaite fut assurée par notre
spécialiste déjà cité : ce cher monsieur HEYMAN. La culture a été sans arrêt un important pôle d'activités à Bukavu et je fus toujours séduit par cette succession intense de spectacles proposée autant par la communauté flamande que wallonne. J'ai aussi été agréablement surpris du respect mutuel et de la convivialité qui existait entre les deux communautés. J'étais loin, c'est vrai, des querelles belgo-belges linguistiques qui empoisonnaient (et empoisonnent encore) la Mère Patrie ! Haut
Athénée et Sainte Famille .
Il faut tenir compte
également que nous n'étions pas seuls à Bukavu ; l'athénée n'était pas en
reste et le
pensionnat de la Sainte Famille non plus ! D'ailleurs, ce 9 juin 1956, pour
le centième anniversaire de l'Institution de la Sainte Famille, nous eûmes
droit, dans la belle salle de théâtre du collège, à une magnifique pièce de
LABICHE : « La poudre aux yeux », superbement interprétée par les
aînées du pensionnat.
En perte de vitesse
(momentanée bien sûr ? ? ?), le Victory se fait enfoncer par
l'Ecole Moyenne de NYA NGEZI le 10 juin. Et c'est l'athénée qui sauve l'honneur
de Bukavu le même jour en battant le sporting d'Usa par 3 à 1 !
Ce mois de juin passe à la
vitesse v-v' : conférence, remise des pris aux concurrents du rallye
« caisse à savon » etc. Haut
Patinoire et patinage .et autres
Et pendant les heures
libres, rappelez-vous qu'à cette époque, le père CLAES (Bilulu) réactiva le
patinage et ses dérivés (hockey, courses, tibias endommagés et bras plâtrés.).
Les jeux de Saint Louis du 21 juin furent percutants après le défilé
traditionnel et le soir, un énorme « gorille » était mis à
feu !
A partir du 22, le bruit
de fond des barzas réapparaissent, disparus depuis quelques mois ! En
effet, notre cher frère PROUVE était rentré de congé : les
« potferdeke » refleurissaient et les parfums de son calumet nous re-narguaient les narines.
Une séance spéciale des
Jeunesses Musicales eut lieu et devant une salle comble, Mr. et Mme VAN
DER VORST nous présentaient leurs élèves : une année de patience et de
dévouement reconnue à sa juste valeur et magnifiquement couronnée par ces
prestations.
Le Victory II est champion
de la saison et Mr. HEUS remet les médailles aux joueurs.
Le 30 juin , le congé fut
mis à profit par les moyens pour une excursion aussi mémorable que mouvementée
avec les 'trahisons' que pouvaient nous servir les mécaniques des camions de
l'époque : disque d'embrayage en charpie dans un premier temps et freins
brûlants dans un second. Pendant que les moyens se farcissent une dizaine de
bornes 'pedibus cum jambis' les grands (s'entretuent) pardon,
s'entrechoquent
au jeu de nuit organisé chez Mr. MICHAUX. Fusées, jeep, camions, tout y
est ! Haut
Juillet 1956
Arrive alors
juillet ; les examens tirent sur la fin, mais nos esprits sont toujours
autant titillés : Te Deum à la cathédrale et récital de Jean MONARQUE le
1/7.L'heure de la séparation sonna le 7/7 : le frère JOOSEN, imberbe et
rayonnant nous quitte ; il avait encore travaillé jusque la veille au soir
pour préparer l'impression d' « Orientation ».
Le 8, un concours de tir
retint les acharnés ; d'autres ont apprécié le film « Le grand cirque
de Moscou » tandis que le concours final de musique était présenté par les
élèves de Mr. VAN DER VORST. Monsieur ROBERTFROIT, ancien pilote de la RAF, nous
teint en haleine en nous faisant revivre la bataille d'Angleterre.
Une petite photo des barzas intérieures vous montre l'allure relax d'un employé congolais du collège regardant les élèves en partance pour les vacances (ph. 1118). Avant de clôturer cette
année académique, nos bons pères tenaient à immortaliser nos présences. Voilà
pourquoi vous avez en
photo 1119 la 4ème latine avec son titulaire Mr. MORTIER. La
1120 vous montre les signatures des
participants. La 1121 vous montre la 4ème moderne et son titulaire Mr. WESTHOVENS. De
gauche à droite et debout vous reconnaitrez sans doute :
Accroupis ou le genou en
terre et de gauche à droite : Franz ANSIEAU, Gérard DELHAYE, Jacques LEROY, THORTON, et le fameux imitateur et batteur du Victory Orchestra : Fleps parfois appelé Freddy ANDRÉ.
Une dernière excursion des
grands aux « Bambous » est organisée le 13 et le 14, départ
général ! C'est la rumba des DC3, de la vedette pour GOMA et des périples
de retour en bagnoles aux quatre coins du Kivu, de l'Ituri, du Maniéma, etc.
etc. Haut
Les « grandes vacances ».
Et nous, pendant ce temps
là . ?
Tombant sous le couperet
de la sacro-sainte administration, nous n'avons pas pu revenir en congé annuel
en métropole comme les autres familles de profs car mon père s'était fait en
quelque sorte avoir. En effet, démissionnant le 24 décembre 55 de son poste de
directeur des Ecoles du Charbonnage du Grand Hornu, pour faire plaisir, il fut
réengagé le 5 janvier 56 à Bukavu, d'où une interruption ! A cause de cette
non continuité, pas de retour en Belgique ! Pour mon frère et moi, ce fut
une chance et l'occasion de faire un tas de choses et d'en découvrir tout
autant.
Grâce à cet incident ,
j'ai pu passer des moments inoubliables malgré les tracasseries de l'examen de
géo. Je vous explique.
Plantons le décor comme
dirait Pierre PERRET !
L'autorité paternelle
décréta qu'avant de mettre un pied dehors, je devais d'abord réciter par coeur,
par jour, 1 page du livre de géographie et répondre intelligemment et sans
fioritures aux questions suggérées par cette page. Cela engendra des situations
plutôt cocasses car le jour où une sortie familiale était prévue, je prenais
tout mon temps (petite vengeance personnelle d'adolescent, grrr.) Par contre
quand c'était pour filer avec les copains, ma mémoire mettait le turbo ! Il
est vrai que c'est grâce à ces vacances (en plus des activités collégiennes) que
j'ai pu apprécier les copains et forger de solides amitiés. Haut
Les bécanes.
Souvenez-vous de ma bécane arrivée tordue mais remise à neuf par le spécialiste en vélo.
Avec les LAURENT, GILON,
van de WERVE, LUICKX, GENIS et autres copains, nous avions formé une bande de
vélocipédistes que nous appelions pompeusement « escadrilles »
(influence Buck Danny oblige). Les routes de Bukavu n'eurent bientôt plus de
secret pour nous. Le moindre sentier de la Mukukwe, de la Kawa, mais aussi le long de la
Ruzizi fut exploré.
Combien d'automobilistes ne nous ont point vilipendés, lorsqu'en formation de tout genre, l' « escadrille » prenait toute la largeur de la route et que nous attendions que la nervosité des coups de klaxon atteigne un niveau tel qu'on sentait qu'il était temps qu'on déguerpisse !
L'asphalte des avenues du
Prince Régent, Chantal et bien d'autres garde l'empreinte de nos genoux, coudes
et paumes suite aux nombreux atterrissages forcés qui survenaient dès que
l'autorité du chef d'escadrille s'effritait et que des sprints de forcenés se
déroulaient. La terre des avenues
non asphaltées absorba quant à elle le produit de nos écorchures sous l'œil
quelque peu condescendant des autochtones qui devaient (avec raison) nous
prendre pour des cinglés !
(photo 1123)
Eau oxygénée,
mercurochrome et pansements divers nous attendaient journellement, mais quelle
ambiance ! Haut
Le tour de France ?
Quand la ferveur pour la
bécane tombait quant à son utilisation intensive, on allait chez l'un l'autre
envahir la villa. Je me souviens chez les Laurent, que nous avions détourné les
règles d'un jeu de société pour simuler le tour de France par équipe. Cela nous
a tenu en haleine pendant des jours. Jean Pierre LAURENT jouait déjà son petit
patriarche alors qu'Henri, son frère intellectualisait toutes les procédures de
jeu. Luc GILON, pour la forme et surtout pour enquiquiner son monde voulait
toujours apporter une variante ou l'autre (encore maintenant d'ailleurs.) et son
frère Jean Paul râlait au quart de tour. Au dessus de tout cela, fusait
régulièrement le rire de Paul LUICKX (Lukusu) perpétuellement de bonne humeur.
Didier van de WERVE s'esquintait à vouloir arriver le premier à chaque ballade
en vélo. Que de bons moments, de conversations pseudo philosophiques propres aux
adolescents sur tous les sujets possibles ; c'était le bon temps des joutes
oratoires entre latinistes et matheux ! Que de plongeons dans le lac, que
de promenades au grand air si agréable de Bukavu ! Merci en tout cas à tous
ces copains, grâce à eux, je me sentais totalement intégré à cette jeunesse dite
'coloniale' de Bukavu. Quand je pense aux jugements abrupts et négatifs qui
étaient faits en Belgique à l'égard des jeunes coloniaux, je ne pouvais que
revoir ma copie de fond en comble. Non seulement les études étaient aussi
sérieuses et poussées qu'en Belgique, mais il fallait aussi reconnaître que le
nombre d'activités culturelles et physiques étaient de loin, plus soutenues.
Nous étions des privilégiés !
Kalimbi, vacances
« constructives ».
Pourtant, en ces
temps là, pas de climatisation, pas de véhicule 4x4 de luxe, pas de chambres
froides. (beaucoup d'ONG actuelles feraient bien d'en tirer leçon !). Et
nos gars ont rempli leur contrat (sans rentrer chaque soir dans l'hôtel
climatisé prévu dans les contrats actuels.) ! Quelle aventure passionnante
que de s'être rendu utile tout en passant des vacances ! Je crois que cela à marqué beaucoup de collégiens et que cette mise au service d'autrui nous a été inculquée durant nos humanités, car après la rhéto, bon nombre d'anciens ont participé à toutes sortes d'activités au service des autres.
Le père Croegaert nous a
raconté l'anecdote suivante, qui démontre que, déjà à cette époque, nous avions de
grands penseurs parmi nous : Le père Croegaert s'esquintait donc à réaliser
un assemblage de menuiserie où se mélangeaient tenons et mortaises ; il
remarqua que durant tout le long moment qu'il mit à faire ce boulot, un des
frères KOZYREFF assistait à la scène le plus sérieusement du monde , les bras
croisés, sans intervenir. L'assemblage terminé, le père vit avec horreur son
oeuvre s'effondrer aussi sec.
A ce moment, notre ami
KOZYREFF, sortant de son mutisme lui dit le plus doctement du monde :
« c'est normal, c'est pas comme ça qu'il fallait faire. !». Le
révérend père nous confessa qu'une lueur assassine s'échappa de son
regard !
Je ne sais plus s'il
s'agit de Stéphane ou de Vladimir, mais ce jour-là, l'un des deux a risqué
gros. ! Cher Stéphane et/ou Vladimir, pourriez-vous confirmer ou infirmer
cette anecdote ;
puisque vous l'avez vécue en direct vous pourriez peut être nous apporter
quelques commentaires. Haut
Et en ville ?
Pour ceux restés à BUKAVU, toutes les possibilités de sport leur étaient accessibles, mais pour nous, à N'GUBA, c'est surtout la nage au beach du collège et les cabrioles sur le célèbre plongeoir à 3 niveaux qui nous attiraient, le tout bien sûr pour épater les filles. (Quand je suis retourné en 1989, les planches avaient été « soustraites » mais le plongeoir était toujours bien là !) Ceux qui habitaient la Botte avaient bien sûr un centre nautique de haut style, yachting, ski nautique. tout y était.
Au collège, les courts de
tennis étaient très prisés, la salle de jeux des externes évidemment accessible
et la patinoire nous tendait les bras.
De mon côté, les
fréquentes descentes au beach et les séances prolongées de natation me
permettaient de m'affranchir. Après le frère Emile qui m'aida dès mon arrivée,
un homme y fut pour beaucoup aussi et cet homme était Mr. ZAMAN notre prof de
gym. Exigeant au cours et très compétent sur le terrain, ce monsieur plutôt
taiseux nous permettait de l'accompagner à quelques uns pour de longues
distances de natation. Calmement, sans s'énerver ni courir, il nous emmenait à
plusieurs centaines de mètres de la berge, là ou les pêcheurs avaient placé
leurs flotteurs (touques de pétrole renversées) pour repérer leurs filets. Quand
on pense à la profondeur à ces endroits .! Mais, grâce au calme
imperturbable de notre prof, nous nous sentions tous en parfaite sécurité et on
se payait même le luxe de concourir à celui qui aurait le moins de cheveux
mouillés en arrivant au bord, tellement la nage était « cool » comme
on dit maintenant.
Merci Mr. ZAMAN !
Le virus de la plongée.
Une autre conséquence des
nombreuses heures passées au beach fut que j'y attrapai le virus de la plongée.
J'eus l'occasion d'acheter en ville chez les van de WERVE, des palmes de couleur
verte ; les matériaux de l'époque n'étaient pas encore au point et les
crampes dues aux palmes se faisaient cruellement sentir. Sans ceinture de plomb,
il fallait se borner à faire du 'schnorkel' comme on dit. Je me suis promis que
je reviendrais un jour dans ce lac pour y effectuer une vraie plongée en
scaphandre autonome et j'eus ce bonheur en 1989 à GOMA, car le directeur de
l'hôtel KARIBU, (et situé sur la route de Sake, le long du lac) avait deux
équipement et me permit de l'accompagner.
A -15 mètres durant
1 heure, dans une eau délicieuse, quel pied mes amis.! Pour l'anecdote,
l'organisation de cette plongée fit baver d'envie mes copains plongeurs de
Belgique car tout le matériel, transporté par de boys jusqu'au bord de l'eau
vous est placé par eux sur le dos au départ et enlevé au retour sans effort pour
votre petite personne et en plus, cerise sur le gâteau, on vous tend le verre de
whisky avec glaçons alors que vous avez encore presque les pieds dans
l'eau !
Revenons à BUKAVU.
Le mois de septembre se
pointa et une dernière excursion de vacances aussi : la route du Biéga en
famille (1139,
1141), l'escalade du sommet
(1140) pour des courageux que nous avons
croisés. Nous étions accompagnés de la famille JADOT lors de cette randonnée
(02/09/56). Le repassage de cet examen de géographie, surveillé et corrigé par le père COLIN, préfet des études, se fit sans problème et les préparatifs habituels de rentrée furent entrepris.
Exit 4ème moderne ! L'année académique 1956-57 démarrait. |